Y aura t-il pénurie d'hélium en 2018?

Tout porte à le croire. Les pays producteurs sont les États Unis, la Russie, le Qatar et l'Algérie.

En ce qui concerne les États Unis, la devise actuelle est "America First" et les exportations de ce gaz exploité au Texas ont été fortement réduites.

L’Algérie dispose d'un important gisement extrait simultanément à sa production de gaz naturel. Mais depuis la décision des États Unis d'orienter ses approvisionnements vers le gaz de schistes présent en abondance sur leur territoire, l'Algérie a diminué considérablement sa production de gaz naturel et par contrecoup la production  d'hélium.

Le Qatar dispose de 2 usines qui répondent à 1/4 de la demande mondiale. Depuis les récents incidents diplomatiques avec ses voisins (Arabie Saoudite et UAE),  le Qatar a décidé de réduire sa production, ce qui risque de créer une pénurie mondiale à brève échéance.

En 2017, un important gisement d'hélium a été découvert en Tanzanie par un gazier norvégien (Helium One). Ce gisement représenterait environ 15 ans de la demande mondiale (3 milliards de m3) mais pour le moment, le gisement n'est pas en exploitation car les conditions d'extraction sont complexes.

A moyen terme, la fusion nucleaire pourrait devenir la principale source d'approvisionnement en Hélium. Car, rappelons-le, l'hélium est un gaz qui ne se fabrique pas, il est largement présent dans l'univers car il est produit par les étoiles (notre soleil dans notre système) ,mais dans l'atmosphère terrestre il n'existe qu'à infimes traces inexploitables.
Le site de CADARACHE expériementera dans les prochaines années, la production d’énergie nucléaire par fusion (et non par fission comme c'est le cas actuellement). Cette technique présente d'innombrables avantages en terme de quantité et de longévité des déchets radio actifs mais se heurte encore à d'importantes difficultés pratiques liées à la température à atteindre pour déclencher cette réaction nucléaire.

Nul doute que si cette technologie voit le jour, il n'existera plus jamais de risque de pénurie d’hélium sur notre planète.

A court terme, la situation est tendue et les gaziers, comme ils l'ont déjà fait précédemment, réserverons la priorité de leur stock, aux applications stratégiques et médicales.

L’hélium sous forme liquide est en effet le seul gaz capable de faire fonctionner des instruments d'imagerie médicales comme les IRM.

Tant pis pour les enfants, qui devront se passer quelque temps de la magie d'un lâcher de ballons.